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Sensibiliser? Oui mais encore...

  • Photo du rédacteur: Suzie Yeo
    Suzie Yeo
  • 23 févr.
  • 3 min de lecture

Il arrive un moment — et celles et ceux qui ont consacré leur vie à une cause le connaissent bien — où l'on se retrouve face à une question qui n'est pas un aveu d'échec, mais une invitation à se réinventer : et maintenant, on fait quoi ?


Des années de formations, de conférences, de séances de codéveloppement. Des années à créer des contenus, à co-créer des projets, à accompagner des équipes et des organisations, à coacher des personnes qui voulaient changer quelque chose en elles et autour d'elles. Des années à tenter d'éveiller des consciences, à pousser les gens à aller au-delà de leurs préjugés, à se regarder aller. À comprendre leur propre cadre de référence, à être plus conscients de leurs réactions, de leurs modes de pensée, de l'impact des médias, des discours politiques, des fausses nouvelles sur leur façon de percevoir l'autre. Des années à inviter les gens à se voir eux-mêmes avec un peu plus de lucidité — et à regarder l'autre avec un peu plus d'humanité.


Ce travail-là, il a du sens. Il en a eu. Il en a encore.


Et pourtant, il faut se l'avouer, quelque chose a changé. Partout au Québec, des femmes et des hommes de tous horizons travaillent fort, depuis longtemps, pour faire valoir les droits, l'équité, la diversité, l'égalité, l'accueil et l'hospitalité. Ils et elles militent, sensibilisent, forment, accompagnent, témoignent.


Et malgré tout cela, la discrimination raciale est toujours là. L'hostilité envers la différence est toujours là. La polarisation s'est accentuée. Les couches de violence systémique qu'on pensait en train de s'éroder semblent au contraire se consolider. On a l'impression, parfois, que le terrain gagné à la force du coeur et de la volonté glisse doucement sous nos pieds.


Ce n'est pas le bilan d'une défaite. C'est le signal que quelque chose doit se transformer.


Parce que peut-être que la question n'est plus seulement comment sensibiliser davantage — mais comment travailler ensemble autrement. Comment bâtir, malgré toutes nos différences, un Québec qui reste fort, libre, démocratique et uni. Un Québec qui ne voit pas sa diversité comme une menace à gérer, mais comme une force à assumer — la force d'un peuple distinct, enraciné, qui a su survivre et s'affirmer en Amérique du Nord, et qui peut continuer à le faire en s'ouvrant plutôt qu'en se fermant.


Ce renouvellement-là, il ne viendra pas d'une seule voix. Il viendra de notre capacité collective à dialoguer vraiment, à collaborer malgré les désaccords, à construire des liens qui résistent à la polarisation et aux discours de la peur.


Alors je vous pose la question, à vous qui êtes passées et passés par là.


Vous qui avez traversé le doute, l'épuisement, le deuil de certaines façons de faire — et qui avez trouvé, quelque part, un second souffle. Vous qui avez su vous renouveler sans trahir ce qui vous animait au départ. Vous qui avez découvert de nouvelles manières de travailler, de rassembler, de créer du lien là où la méfiance s'était installée.


Qu'est-ce qui vous a permis de vous réinventer tout en restant fidèles à vos convictions profondes ?


Était-ce une nouvelle communauté, des alliées et alliés inattendus ? Une approche différente, plus incarnée, plus proche du quotidien des gens ? Le fait d'élargir le cercle, d'aller chercher celles et ceux qu'on n'avait pas encore rejoints ?


J'aimerais qu'on en parle. Vraiment. Pas pour tout recommencer à zéro — mais pour prendre appui sur tout ce qui a déjà été construit et trouver ensemble comment aller plus loin, plus profond, plus largement.


Parce que l'envie d'un Québec meilleur, elle est toujours là. Intacte. Et c'est déjà énorme.


On veut vous lire !

 
 
 

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