L'Intervention Interculturelle par la Nature et l'Aventure (INA) c'est quoi?

Une approche novatrice d'accueil et d'inclusion des personnes immigrantes en région.

Qu'est-ce que l'intervention par la nature et l'aventure? Pourquoi l’utiliser pour favoriser les rapprochements interculturels et l’intégration en contexte régional? Dans ce billet de blogue, nous tenterons de répondre à ces questions en décortiquant chacun des éléments de l'INA : la nature, l’aventure, l’utilisation du groupe et de l’apprentissage expérientiel.

Groupe Intervention Interculturelle Par la Nature et l’Aventure (INA)


La nature

D'abord, l’approche met à profit le territoire, la nature. Dans un contexte d'immigration, l'appropriation du territoire et de ses activités facilitent le processus d'intégration. Par exemple, les personnes nouvellement installées au Québec vivent souvent un choc climatique à l’arrivée du froid hivernal. Développer cet amour du plein air diminue habituellement la durée et l'importance de ce choc. En plus, en contexte régional, la plupart des loisirs des habitants sont liés au territoire. Du coup, la familiarisation avec les activités territoriales facilite les rapprochements interculturels et le développement d’un sentiment d’appartenance.



Selon Nilsson et cie, 2019, la nature « favorise la solidarité, les interactions sociales et permet des rencontres transculturelles » (p.231). De plus, il est répertorié que les espaces naturels favorisent les émotions positives et diminuent celles négatives (Nilsson et cie, 2019, p.221). Une approche par la nature augmente donc les chances de vivre une expérience positive en contexte interculturel.


Pour diverses raisons, nous voyons moins souvent les personnes immigrantes récemment établis au Québec participer aux activités récréatives extérieures. De ces raisons nous pouvons penser au manque d'accès au matériel, au transport ou à l'absence de réseau social pour y être initié. Toutefois, lorsqu’on rend le plein air plus accessible, ces activités ont le potentiel de créer des ponts interculturels et de développer le sentiment d’appartenance à la communauté (Blattel, 2011). Les offres de service en INA que nous développons cherchent à faire vivre des expériences interculturelles significatives et formatrices aux participant.es, et développer une meilleure compréhension du territoire et un sentiment d'appartenance.


Rendre l’utile à l’agréable en combinant plaisir et formation : voilà l’objectif de nos futures offres en INA. La nature augmente la capacité des individus à ressentir de l’empathie, une capacité essentielle dans les relations interculturelles (William, 2016, p.48; option-travail). De plus, l’exposition à la nature améliore et régénère la concentration (Faber Taylor et Kuo, 2008). Dès lors, il est plus facile d’intégrer un grand nombre de contenus de formations tout en maintenant le niveau d’attention et d’intérêt des participant.es.


L'aventure

La notion d'aventure réfère à la notion de prise de risques lorsqu'on s'engage dans une activité ou un processus dont les résultats sont incertains. Référant à la notion de risque perçu plutôt que réel, elle permet aux participant.es de sortir de leur zone de confort pour accéder à la zone proximale de développement, la zone d'apprentissage (Gass et Russell, 2012). C'est notre rôle de les accompagner dans ce processus.


Entrer en relation interculturelle nécessite une certaine prise de risques, risques de nature surtout psychologiques. Effectivement, il faut accepter de sortir de sa zone de confort culturelle et de nos habitudes pour faire place à l'univers culturel, comportemental de l'autre. Nous croyons qu'en utilisant cette modalité d'intervention, nous pouvons faciliter cette ouverture à l'autre.


De plus, la notion d’aventure est utilisée pour stimuler l’intérêt et la motivation des participant.es (Gass et Gillis, 2012). Finalement, comme les participant.es sont plongés dans un environnement en dehors de leur quotidien, la gestion de la vie de groupe en campement nous permet d’aller travailler et consolider des compétences reliées au vivre-ensemble.


L’utilisation du groupe

En INA, le groupe est utilisé comme levier d'apprentissage. Il s'agit donc d’un terreau très fertile pour l'intervention à caractère interculturelle et la facilitation des rapprochements interculturels. Comparativement aux formes d'interventions traditionnelles, cette approche permet aux participant.es d'avoir du vécu et des expériences partagées qui facilitent la création du lien significatif (Rojo et Bergeron, 2019, p.69).


Selon une étude sur l’évolution des préjugés dans un groupe de Québécois natifs et Québécois immigrants (Fortin, 2021), les préjugés étant socialement construits sont difficiles à modifier, ce pour quoi il est important de prioriser des interventions de plus longues durées :


« Les dynamiques de changement passent par le contact soutenu entre les participant.es. L’écoute, le partage, les témoignages et le respect sont des éléments contribuant aux prises de conscience, aux constats de ressemblance, aux constats d’apprentissage qui entrainent la plupart du temps des changements positifs dans les perceptions et permettent ainsi de faire évoluer certains préjugés. » (Fortin, 2021, p.122)

De plus, les études démontrent que c’est la qualité des contacts avec les personnes immigrantes et non sa quantité qui peut avoir un effet sur la perception et les préjugés en place (Fortin, 2021). Lors de ce projet, les participant.es ayant eux-mêmes des amitiés issues de l’immigration semblaient les plus ouverts. Il est donc important de promouvoir les liens d’amitié et de créer des contextes pour son développement.


Grâce aux facilitateurs.trices formé.es en psychologie et consolidation des groupes restreints, les retombées interpersonnelles des interventions en INA à visée éducative sont nombreuses. Les recherches rapportent une augmentation des compétences sociales, de la communication, de la qualité des interactions, du soutien mutuel, du travail d’équipe, du leadership ainsi que de la cohésion et de l’efficacité de groupe (Gargano et Turcotte, 2018, p.205).


L’apprentissage expérientiel

L’utilisation de l’apprentissage expérientiel et du mouvement est aussi promue en INA (Gass et Gillis, 2012). On utilise les stades de l’apprentissage expérientiel de Kolb dans l’ensemble du processus. On fait vivre une expérience interculturelle concrète aux participant.es pour leur faire vivre des émotions réelles. Ensuite, on prend le temps de s’arrêter pour observer de manière réflexive ce que le groupe a vécu. Par la suite, on extrait les concepts abstraits de l’expérience, soit la théorie sous-jacente, ce qui permet de donner un sens aux vécus des participant.es. Finalement, on donne la chance au groupe de mettre en pratique leurs nouveaux apprentissages dans un nouveau contexte.


Cette approche d’apprentissage par résolutions de problèmes définis suivies d’une rétroaction de groupe augmente la motivation à apprendre, facilite l’ouverture à la théorie et permet un meilleur transfert des acquis à long terme (Jones et Oswick, 2018).



Détails sur les offres de services à venir

Les offres de services en INA d’Autrement d’ici seront développées avec Nos Natures Plurielles pour :

  • les institutions d’enseignement professionnelles, collégiales et universitaires qui accueillent des élèves provenant de l’international

  • les organismes d’accueil

  • les entreprises recrutant à l’international qui souhaitent améliorer l’accueil et favoriser l’intégration des personnes nouvellement embauchées

  • et tous autres clients intéressés!



Plusieurs offres de services de durées variables seront développées dans les années à venir touchant la régionalisation de l’immigration et la gestion des ressources humaines en contexte de diversité.


Avec cette approche novatrice, nous souhaitons vous offrir de la formation et de l’intervention interculturelle personnalisée ainsi que de la consolidation d’équipe en contexte de diversité culturelle.


Cela vous intéresse? Vous avez des questions? N'hésitez pas à nous contacter!



Bibliographie






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